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Valerie touzé
Psychologue clinicienne à Saint-Maur-des-Fossés
 
 
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La Fin de la plainte de François Roustang aux éditions Odile Jacob (2001)

Note de lecture

« À force de se préoccuper de sa prétendue vie intérieure, écrit Roustang, de ses pensées, de ses fantasmes et de ses rêves, on se perd dans l'analyse de soi, on devient, comme Narcisse, amoureux de sa propre image et on lui substitue l'intérêt que devraient avoir les choses et les êtres de chair et de sang. » 
François Roustang

La plainte est souvent la trace d’un événement traumatique qui persiste et ne permet pas de vivre pleinement le présent. Si le thérapeute doit entendre la plainte qui est l’expression d’une souffrance, il devra ensuite aider le patient à l’apaiser, à la dépasser, à la transcender. Ce qui n’est pas toujours évident car le patient peut chérir sa plainte au point de s’y enfermer. Abandonner son symptôme n’est pas aisé car il implique de profondes modifications personnelles.

François Roustang qui nous a quitté en 2016 invite ses patients à dépasser la réflexion pour passer à l’action. Il ne s’agit pas de nier les blessures de l’enfance mais de faire avec, de les dépasser et de s’inscrire dans un autre mouvement plus fécond. La rumination est selon lui un obstacle aux forces neuves, vives, elle est basée sur une idolâtrie du moi. Ce retour sur soi peut devenir complaisance, une fixation répétitive qui alimente le chagrin au lieu de l’épuiser, un repli narcissique. Il ne croit pas que se plaindre sans retenue sur son malheur libère. Malgré les épreuves douloureuses passées, quels sont les moyens dont je dispose pour reprendre des forces vives ? Ainsi il invite une femme qui se plaint du comportement de sa mère à ne plus chercher à être reconnue par elle mais à investir d’autres champs tels que le travail, l’amitié, une passion. Il faut renouer avec les parties saines de sa personne et leur accorder une attention suffisante. Roustang fait confiance au mouvement de la vie : « Il suffit de lever le poids de l’habitude pour que s’éveillent des forces dont nous ne soupçonnions pas pouvoir disposer. Ainsi nous sommes capables de nous mettre en mouvement en fonction des choses et des êtres qui changent à chaque instant. Il s’agit donc de rien moins, chaque jour, que de refondre notre existence. »

De plus, il rappelle que le thérapeute n’oublie pas la dimension corporelle, organique de son patient. Ainsi propose t-il à un homme violent de se souvenir de gestes au squash qui le soulagent pulsionnellement et de les refaire, ou de s’en souvenir quand la violence s’empare de lui. Selon lui pour faire face à de multiples situations il faut remettre du corps, s’engager avec ce qu’il reste de plus vivant en l’autre. Il faut avoir à l’esprit de remettre du corps, de l’action là où le patient pourrait totalement se laisser aller à sa plainte et coller à sa blessure. Selon Roustang, plutôt que suivre le fil conducteur de la parole, il faut suivre celui du corps et plus précisément d’un corps dans son environnement.

C’est aussi pourquoi il est si sensible à cette première rencontre sensorielle entre le psychologue et le patient. Présent, disponible, sans préjugé ni jugement, le thérapeute hume le climat, la présence, la voix : « l’attitude du thérapeute (…) peut se définir comme intensité de présence attentive, dépouillée de toute intention particulière ». Rencontre qui peut ouvrir à l’infini recommencement des possibles.

Ce livre fidèle à son auteur emprunte aux philosophies chinoises dans son rapport au temps, à l’espace, au silence. Et question d’éthique personnelle, il n’en finit pas de questionner le statut du thérapeute qui lui aussi ne doit s’emprisonner dans aucune théorie, dogme.

Sommaire :

  • Narcisse et Psyché ou l'illusion de la guérison par la connaissance de soi
  • La manipulation thérapeutique ou comment réanimer le corps
  • Comment changer ou en finir avec la psychologie
  • De la demande et du désir de guérir
  • Exercice de la gratuité
  • Je m'attends qu'il changera
  • Tsung
  • Je suis un corps
  • Assurer sans rassurer
  • Si ce n'est " moi ", qui provoque le changement ? Comme une chose
  • L'effet placebo, conséquence d'un rite
  • Le sacré comme banal quotidien
  • En guise d'apologue.

 

Vous pouvez lire un extrait du livre :

https://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/psychanalyse/fin-de-la-plainte_9782738107589.php


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