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Valerie touzé
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Les Blessures de l’intimité de Roland Coutanceau chez Odile Jacob


Ce travail de Roland, Coutanceau, psychiatre, psychanalyste et expert national, est une mine d’informations si l’on veut mieux comprendre les conséquences des agressions sexuelles sous ses diverses formes (inceste, viols, pédophilies…) sur les victimes. Qui sont ces hommes, parfois des femmes, capables de tels actes ? Comment un homme peut-il faire subir autant d’horreur à un autre homme, une femme, un enfant ? Comment les victimes peuvent-elles s’en sortir ? Autant de questions auxquelles Coutanceau répond en s’étayant sur des cas précis et en nous invitant à une réflexion de fond sur cette barbarie del’intimité.

Selon Coutanceau, les agresseurs sexuels ne forment pas un groupe indifférencié. Il est donc important de les distinguer, l’auteur les classe en trois grands groupes : ceux qu’il nomme les immaturo-névotiques (demandeurs le plus souvent de soins), les immaturo égocentriques qui reconnaissent partiellement leurs actes et les immaturo-pervers qui constituent la catégorie la plus inquiétante, car dans le déni et souvent prêts à recommencer. Ainsi de Fourniret qui est un criminel sexuel qui agit de manière radicale, inhumaine, répétée, et ce, sans honte ou culpabilité. Il passe à l’acte d’autant plus facilement qu’il est mégalomane et habité par un désir de toute puissance. Ses actes sont de plus en plus barbares : d’abord il est condamné pour exhibitionnisme, puis viols sur mineurs pour lesquels il sera incarcéré en 1984 et condamné en 1987, enfin viols et meurtres en série de jeunes filles, puis de filles prépubères car il est obsédé par la virginité. Il recommence pour atteindre de nouveau la « jouissance » du premier crime. Jouissance qui finit par habiter le sujet. Ce qui est singulier dans l’histoire de Fourniret, c’est l’histoire d’un couple criminel, le tueur en série et son épouse, Monique Olivier. Elle a été coorganisatrice et complice des rapts, des séquestrations, des viols, des tortures et des meurtres. Pourquoi cette femme l’aide-t-elle ? Que réalise-t-elle à travers lui ? Comment une femme, une mère a-t-elle pu agresser des enfants qui auraient pu être les siens ? Je vous laisse découvrir l’expertise de l’auteur à ce sujet et d’autres cas tels que Dutroux, Evrard, l’affaire Outreau… Ce n’est ni du côté de la psychose, ni de celui de la névrose qu’il faut rechercher la source des comportements criminels réitérants, mais plutôt du côté des troubles de la personnalité. Les prédateurs les plus dangereux se font remarquer par leur immaturité, leur égocentrisme, leur toute-puissance, leur perversité et leur incapacité à se représenter ce que ressent l’autre.

Il n’y a évidemment pas de profils types de victimes d’agression sexuelle et l’on peut être tous la proie d’un agresseur. L’auteur clôt le débat sur les fausses idées qui ont souvent fait le lit d’une culpabilisation des victimes : leur prétendue part de responsabilité dans l’horreur qu’elles ont subie. Cependant, parfois la fragilité et la carence affective sont autant de facteurs qui favorisent des comportements d’exposition aux prédateurs et l’emprise de ces derniers sur leur proie : « Qu’il s’agisse de viol, d’inceste ou de pédophilie, les victimes d’agression sexuelle sont, dans l’immense majorité des cas, des femmes ou des enfants, la force, l’impulsivité, l’agressivité, la capacité d’emprise des hommes, caractéristiques plus volontiers masculines, sont certainement des facteurs déterminants de la répartition des rôles dans les sévices sexuels. » . Les effets des blessures de l’intimité sur les victimes restent extrêmement variables, s’avérant différents selon la personnalité de chacun.

Des thérapies sont à l’œuvre pour soigner et éviter la récidive par exemple de l’emprise, aidant à identifier les mécanismes psychiques en jeu dans la genèse de l’agression, à éviter les situations à risque et à changer de comportements. Pour se défaire du traumatisme, la prise en charge repose sur une évaluation précise, experte du  traumatisme subi et de ses conséquences (traumatisme psychique, traumatisme clinique). L’intensité du traumatisme et son retentissement sont éminemment variables d’une victime à l’autre. Et il faut aussi suivre les agresseurs sexuels et leur proposer des thérapies adaptées pour éviter la récidive.

Roland Coutanceau, via ce livre, nous engage aussi à une réflexion pour mieux accompagner nos enfants, pour les rendre aptes à développer une sexualité et des relations épanouies, satisfaisantes.

Vous pouvez retrouver l’auteur sur RFI


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